Cameroun : Cabral Libii demande de nommer le vice-président, Maurice Kamto crie au coup d’État constitutionnel

Source : Journal du Cameroun · Arnaud Nicolas MAWEL ·

Cameroun : Cabral Libii demande de nommer le vice-président, Maurice Kamto crie au coup d’État constitutionnel

© DR La guerre de la vice-présidence est déclarée dans l'opposition. En trois jours, deux visions du Cameroun s’opposent sur Facebook, à coup de posts interposés. Aux Commandes, Maurice Kamto et Cabral Libii. Faut-il nommer un vice-président au Cameroun ? Cabral Libii dit oui, Maurice Kamto dit non. Entre les deux, des positions reposent sur des arguments. D'un côté, Cabral Libii joue les conseillers du Palais. Dans une lettre ouverte au président Paul Biya, le leader du PCRN enjoint : "Monsieur le président, nommez votre vice-président !" Pour lui, ce n'est pas un poste de plus, c'est une question de survie du régime. Il faut "sécuriser le magistère" et "atténuer les luttes de succession qui paralysent l'action collective". En clair, nommer un dauphin loyal pour éviter le chaos. De l'autre côté, Maurice Kamto sort l'artillerie lourde. Dans sa Pensée n°126-2026, le leader du MRC démonte le poste pièce par pièce. Pour lui, la vice-présidence est une "véritable supercherie imposée à la hussarde", un "fantôme introduit par effraction" dans la Constitution par "violation flagrante et outrageante de l'article 64". Sa consigne : ne plus en parler pour que cette réforme "meure de sa belle mort, par désuétude". Et 35 minutes après la publication de la pensée de Kamto, Cabral Libii dégaine un second post : _"C'est vraiment préoccupant de découvrir à quel point certains acteurs politiques malgré leur âge biologique et leur long séjour dans le champ politique, continuent à enchaîner des erreurs et des postures de stagiaires." Le commentaire qui affole les compteurs résume tout. "Vous parlez de Paul BIYA à qui vous demandez de nommer un vice-président ?" poste Joseph Emmanuel Ateba, ancien secrétaire à la communication du MRC. A l’analyse, Cabral Libii veut sécuriser le système. Kamto veut l'enterrer. L'un voit dans le vice-président un pompier pour éteindre la guerre de succession au RDPC. L'autre y voit un incendie constitutionnel, un changement anticonstitutionnel de gouvernement fabriqué par un "Parlement réuni à la hâte en un Congrès d'enregistrement". Deux stratégies, deux calculs pour 2027. Cet article Cameroun : Cabral Libii demande de nommer le vice-président, Maurice Kamto crie au coup d’État constitutionnel est apparu en premier sur Journalducameroun.com.

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Cameroun : la paix à l’épreuve, quand tous les fronts s’embrasent en même temps

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Bilan : 13 personnes tuées sur place, 2 décédées à l'hôpital de Makary, plusieurs enlevées et des blessés évacués. Le maire de Makary, Abakar Abba, parle d'une première pour ce village : "La population est plongée dans la peur et la désolation". Selon des sources municipales, il pourrait s'agir de représailles après la saisie il y a quelques mois d'un important stock de munitions destiné aux djihadistes. Cette attaque d’envergure attribuée à l’Iswap marque le prolongement de la crise sécuritaire qui dure plus d’une décennie déjà et indique l’intervention d’un groupe armé autre que Boko Haram. Face à la menace, des habitants de certaines localités quittent leurs villages. Nord-Ouest et Sud-Ouest : la rentrée scolaire sous tensions La crise anglophone, qui a déjà fait plus de 6000 morts depuis 2016 selon l'ONU, connaît une rentrée 2026-2027 sanglante. A Bamenda le 14 septembre 2026, trois personnes ont été tuées et plusieurs blessées lors d'une fusillade dans un établissement de loisirs, le snack-bar Asanji Plaza au carrefour Mile 4 Nkwen. Des assaillants armés à moto ont ouvert le feu sur les clients. L'attaque survient en pleine deuxième semaine consécutive de "lockdown" - ville morte - imposée de force par des factions séparatistes pour paralyser la rentrée scolaire. A Wum, le 8 septembre, un commissaire de police a été tué et cinq enseignants kidnappés à l’ENIEG de Wum dans la région du Nord-Ouest. Les cinq enseignants ont été libérés 48h plus tard. La contagion à l’Ouest La violence anglophone déborde. Le week-end du 13-14 septembre, à Ngwenfon à Bangourain dans le Noun, région de l'Ouest, sept membres d'une même famille ont été kidnappés par des personnes reconnues comme des assaillants ambazoniens. C'est une première extension notable qui fait craindre un élargissement géographique du conflit qui oppose les forces de défense et de sécurité aux combattants séparatistes. Yaoundé, Douala et autres villes : l'insécurité du quotidien Dans des villes, ce n'est plus seulement le grand banditisme. Début septembre, les autorités ont annoncé avoir secouru à Yaoundé un groupe de près de 20 enfants, dont le plus jeune avait 18 mois. Ils auraient été retenus captifs dans une résidence suite à un signalement anonyme. Trois personnes ont été arrêtées. A Douala et dans d’autres villes, les agressions à domicile avec armes, les enlèvements de bébés deviennent récurrents. Aussi, la montée du phénomène de féminicides et d’abus sur les enfants s’ajoute aux cas habituels d’insécurité. Symbole de la tension : le 16 septembre, un officier du BIR de 29 ans, Ntsama Biting Benoît, a été arrêté à l'intérieur même du Palais de l'Unité à Yaoundé après avoir déclaré être venu "prendre le pouvoir", avec du cannabis sur lui. Les enquêteurs privilégient la thèse d'un acte isolé lié à une détresse psychologique. Le front invisible : la cybercriminalité C'est le nouveau champ de bataille. Dans son African Cyberthreat Assessment Report 2026 publié en août, Interpol cite le Cameroun parmi les pays vulnérables aux fraudes liées aux applications de crédit mobile, au phishing, aux arnaques sentimentales et aux fraudes BEC (Business Email Compromise). Les modes opératoires se multiplient : piratage de comptes WhatsApp de commerçantes à Douala pour extorquer plus de 5 millions FCFA à leurs clients, vol de téléphones suivi de vidage de comptes Mobile Money en devinant les codes via les dates de naissance, faux opérateurs télécoms non agréés que le régulateur (TRB) tente de lister dans son annuaire 2026 dont la collecte s'achève le 30 septembre. En mars, la plateforme camerounaise Loozap a vu 34 000 comptes utilisateurs divulgués avec mots de passe et données personnelles. Une paix en miettes ? Ce qui frappe, ce n'est plus une crise, mais quatre crises simultanées : une menace terroriste persistante à l'Extrême-Nord qui profite de la précarité agro-pastorale. Une guerre civile larvée au Nord-Ouest/Sud-Ouest qui sacrifie l'école avec plus de 223 000 enfants hors école et qui s'exporte à l'Ouest. Une criminalité urbaine qui touche les plus vulnérables. Une cyber-insécurité qui sape la confiance dans l'économie numérique. Le dénominateur commun est l'impunité et la précarité. Tant que la réponse restera uniquement sécuritaire, sans réforme politique du code électoral, sans dialogue inclusif dans les régions anglophones et sans éducation numérique, le Cameroun risque de vivre avec une paix à géométrie variable. A l’occasion de la journée internationale de la paix célébrée ce 21 septembre sous le thème ‘’Investir dans la paix : pour tous, partout, chaque jour’’, le défi n'est plus de gagner une guerre. Mais celui d'éviter que le pays ne s'habitue à vivre avec au moins quatre guerres à la fois. Cet article Cameroun : la paix à l’épreuve, quand tous les fronts s’embrasent en même temps est apparu en premier sur Journalducameroun.com.

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