Guembeul explore les voies de la mise en valeur du cactus par le dessouchage

Source : APS Sénégal · Ahmad Mouslim Diba ·

Guembeul explore les voies de la mise en valeur du cactus par le dessouchage

L'essentiel

  • La réserve de Guembeul (Sénégal) lutte depuis 20 ans contre le cactus, qui envahit 13 % de ses écosystèmes et menace la biodiversité locale, malgré son introduction initiale pour réparer une clôture.
  • Une opération de dessouchage mécanique et manuelle, financée par le projet COPEJ (10,14 milliards FCFA) et d’autres partenaires, mobilise des centaines de riverains rémunérés pour restaurer les espaces perdus et explorer des pistes de valorisation (biogaz, compost, aliments pour le bétail).
  • L’initiative allie enjeux écologiques et sociaux : elle crée des emplois pour les jeunes et les femmes, tout en préfigurant une approche de « transformation des contraintes en ressources » applicable à d’autres zones du Sénégal touchées par l’envahissement du cactus.

La réserve spéciale de faune de Guembeul, située près de Saint-Louis au Sénégal, lutte depuis vingt ans contre l’invasion du cactus ou ‘garga mbossé’ en wolof, qui occupe désormais 13 % des écosystèmes savanicoles. Introduit pour réparer un défaut dans la clôture périmétrique, ce végétal envahissant menace la biodiversité locale et dégrade les paysages. Pour y remédier, une opération de dessouchage mécanique et manuelle mobilise chaque jour des dizaines de riverains, dont des jeunes et des femmes, rémunérés 5 000 FCFA par journée de travail de 8h à 13h. Les équipes, équipées de râteaux et de pelles, œuvrent sous la supervision du capitaine Oumar Kane, conservateur de la réserve, tandis que des singes patas évoluent librement dans la zone.

Cette initiative, soutenue par des partenaires comme le projet COPEJ (financé à hauteur de 10,14 milliards de FCFA par un partenariat canadien) et le Bioparc, combine enjeux écologiques et sociaux. Le dessouchage, pratiqué depuis une décennie avec des techniques améliorées, vise à restaurer les espaces perdus et à préserver la faune. Parallèlement, le projet explore des pistes de valorisation du cactus : transformation en biogaz pour lutter contre les émissions de CO₂, production d’aliments pour le bétail ou de compost pour les agriculteurs. Des experts nationaux sont aussi formés pour généraliser ces pratiques dans les zones touchées, comme Toubé ou Gandiol.

Au-delà de l’impact environnemental, l’opération offre une opportunité économique aux communautés locales. Les riverains, majoritairement des jeunes, perçoivent une rémunération qui leur permet de financer des besoins immédiats comme les fournitures scolaires, comme le souligne Ndaga Ngane, président du collectif Ligueyal Guembeul. Djibril Sangaré, agent du projet COPEJ, insiste sur la nécessité de « transformer une contrainte en ressource », à l’image des initiatives passées comme la valorisation des eaux salées dans la cuvette de Guembeul. Cette approche participative, saluée par les habitants, illustre une synergie entre conservation de la nature et développement local.

Sur les 720 hectares de la réserve, entièrement clôturée sur 12 km, le cactus représente un défi récurrent. Les acteurs du projet envisagent d’étendre les méthodes de dessouchage et de valorisation à l’ensemble du delta du fleuve Sénégal, où l’envahissement est généralisé. L’objectif est à la fois écologique — restaurer les écosystèmes — et économique — créer des emplois durables pour les populations riveraines, tout en réduisant l’empreinte carbone grâce à des alternatives comme le biogaz. Une dynamique qui pourrait servir de modèle pour d’autres zones affectées par des espèces invasives en Afrique de l’Ouest.

Synthèse rédigée par KasoNews avec l'aide de l'IA, à partir de l'article de APS Sénégal. Retrouvez tous les détails dans l'article original.

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