ONU : Le multilatéralisme vaut mieux que la loi du plus fort
Source : Lefaso.net · Jacques ·

L'essentiel
- Les États-Unis, fondateurs de l’ONU, remettent en cause ses principes via une politique « America First », fragilisant l’ordre international post-1945.
- L’Afrique a obtenu deux résolutions historiques à l’ONU cette année, mais son unité politique reste limitée malgré son poids démographique au sein de l’institution.
- Les pays du Sahel dénoncent l’instrumentalisation du terrorisme par des puissances étrangères et réclament une enquête internationale sur ses financements.
La 81ᵉ session de l’Assemblée générale de l’ONU s’est conclue dans un relatif silence médiatique, alors que les fondements du multilatéralisme, forgés en 1945, subissent des assauts croissants. Les États-Unis, berceau de l’institution, illustrent ce paradoxe en promouvant une vision « America First » qui érode progressivement les principes onusiens. Si la priorité nationale est légitime, la première puissance mondiale, garante historique de la paix, voit son rôle contesté par une politique jugée trop unilatérale. Les élections de novembre 2024 pourraient, selon certains, rétablir un équilibre en limitant la déstabilisation de l’ordre international actuel.
Les critiques envers l’ONU ne sont pas infondées : l’institution peine à incarner l’universalité prônée à sa création, sous l’influence des puissances occidentales. Les États-Unis financent près de 22 % de son budget, tandis que le droit de veto des cinq membres permanents du Conseil de sécurité bloque souvent les initiatives. Pourtant, ces failles appellent une réforme plutôt qu’un abandon pur et simple. L’Afrique, premier bloc régional de l’Assemblée générale, a récemment marqué des progrès symboliques : en mars, le Ghana a fait adopter une résolution reconnaissant la traite transatlantique comme « le crime le plus grave contre l’humanité », et en septembre, le Togo a obtenu l’adoption d’une carte géographiquement plus juste pour l’Afrique, malgré le veto américain.
Les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES)—Burkina Faso, Mali et Niger—ont dénoncé lors de la session onusienne l’instrumentalisation du terrorisme par certaines puissances étrangères, accusées de financer ou d’armer des groupes armés. Avec près de 4 millions de déplacés au Sahel central et un financement humanitaire à seulement 32 % couvert, leur appel à une enquête internationale sur ces réseaux s’appuie sur des textes juridiques existants, comme la résolution 1373 du Conseil de sécurité. Leur retrait annoncé de la Cour pénale internationale reflète aussi leur frustration face à une justice perçue comme inéquitable. Pourtant, une réforme des mécanismes onusiens pourrait offrir des solutions plus équitables.
Face à l’effritement des valeurs de solidarité et d’humanisme qui ont inspiré l’après-Seconde Guerre mondiale, des crises comme l’expulsion massive d’étrangers en Afrique du Sud—plus de 160 000 personnes depuis mai—illustrent les fractures contemporaines. Le chômage y atteint 32 %, tandis que des groupuscules xénophobes ciblent les migrants, souvent poussés à l’exil par des guerres ou le dérèglement climatique. Ces dynamiques rappellent l’urgence d’un « code mondial de valeurs communes », comme le soulignait la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. L’Afrique, avec son héritage comme la Charte de Kouroukan Fouga (1236), incarne encore cette aspiration à une humanité partagée, mais son rôle dans la réinvention du multilatéralisme reste à écrire.
Synthèse rédigée par KasoNews avec l'aide de l'IA, à partir de l'article de Lefaso.net. Retrouvez tous les détails dans l'article original.
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